Les accompagnants

Ce mot vient de plusieurs mots latins. D'abord, la particule « ad » qui signifie « vers »,

« en direction de » et de « cum panis » qui a donné compagnon. Or littéralement, compagnon signifie "celui avec qui on partage le pain".

 

Ces deux notions peuvent donc recouvrir deux idées, deux réalités :

  • une idée dynamique : marcher sans préjugé , accompagner sur le chemin du patient à son rythme et dans sa direction.
  • une idée de partage, de proximité : se faire proche d'elle pour parcourir ensemble un bout de chemin.

 

Les qualités d’un accompagnant

  • Disponibilité
  • Adaptabilité : prêt à tout entendre, à répondre à la demande du malade, des familles ou des soignants.
  • Respect du rythme de la vie privée, (donc patience et disponibilité) des convictions et des croyances, mais aussi savoir entendre les désirs et les demandes plus ou moins explicites et oser y répondre.
  • Discrétion et confidentialité : la personne malade peut exprimer des sentiments ou des faits qu’elle ne peut pas exprimer à ses proches, parler de ses peurs de ses angoisses, de son passé, de son avenir.
  • Esprit d’équipe : le bénévole est le maillon d’une chaîne. Intérêt de travailler en équipe et en binôme dans un même service.
  • La personne malade n’appartient à personne.
  • Le bénévole peut partager ses émotions et sentiments avec d’autres bénévoles et l’équipe soignante.
  • Il doit savoir passer le relais : reconnaître ses limites, éviter des dérives de l’attachement, ne pas créer un nouveau lien fort au moment où il doit s’en délier.
  • Ces qualités ne sont jamais acquises une fois pour toutes.

Elles demandent un travail sur soi qui est toujours à reprendre par la formation continue, entre autre.

 

Accompagner et écouter

  • Rôle d’accompagnement : ne pas FAIRE mais ETRE

Marie de HENNEZEL :

« Etre là, à ne rien faire, c’est ce qu’il y a de plus difficile car nous sommes dans une civilisation du faire ».

  • Etre sans attente, sans projet, avec le moins possible d’implication affective, personnelle.
  • Abandonner toutes les représentations, y compris celles du «bon accompagnement» ou de la «bonne mort».
  • Qui est ce « je » qui pourrais prétendre apporter une « aide » à l’autre ?
  • L’« aide » ne se produit que quand l’ego s’estompe de part et d’autre, dans une relation de Soi à Soi.
  • L’accompagnant met de côté, pour un temps, son histoire personnelle, ses conditionnements sociaux, culturels et religieux. Il se relie à l’autre, le malade, par l’acceptation de sa condition humaine faite «d’incertitude, de solitude, de finitude » (M-S. RICHARD).
  • Il se reconnaît dans le malade autant que le malade peut se reconnaître dans lui.
  • Les moments de souffrance et d’impuissance partagés sont souvent d’une grande fécondité.
  • Dans cette présence, quelque chose se donne de l’un à l’autre, c’est la vie qui circule (et non la mort).
  • Il suffit de pouvoir faire le vide en soi, créer un espace d’accueil, mettre de la conscience dans nos moindres regards, gestes, attitudes et paroles.
  • Ainsi le bénévole rejoint plus facilement le malade qui ne peut plus rien faire. C’est une relation humaine à l’état pur, d’égalité à égalité.
  • Le bénévole accompagne la personne malade sur son chemin, à son rythme, là où il en est, en vérité, sans jugement, pour l’écouter, y compris dans ses silences, écouter ce qu’il a envie de dire.
  • Certains parlent peu de leurs souffrances, maladie ou angoisses, alors il faut interpréter, décoder, être à l’écoute. Il aide à une relecture de la vie.